Mon histoire commence comme une rencontre avec un expatrié Russe au First. De nature, les Russes sont fatalistes, on les comprend en observant ce qu'ils subissent depuis des siècles. Et après quelques verres de vodka, ils deviennent tous des philosophes. Le mien ne dérogeait pas à la règle. Son pessimisme le conduisit à engager la conversation alors même que je lisais un article sur les mouvements contestataires lycéens du mois de Décembre. Voyant ce gros titre, il aborda le sujet si réactionnaire de la perte des valeurs morales, des notions d'effort et de mérite, ou encore du matérialisme indécent dans lequel son pays ainsi que le monde sont plongés.
L'article que je lisais semblait sortir de la bouche de cet éternel dépité. C'est avec surprise que je constatais une certaine lucidité dans ses propos. Nous étions présentés comme une génération élevée par les soixante-huitards et de ce fait, les grévistes d'aujourd'hui s'estiment comme faisant partis d'une lignée d'ordre direct et étant les héritiers des évènements de Mai 68. Nos parents ont eu accès à de biens meilleures études que nos grands-parents et par pure démagogie, on nous a toujours fait miroiter plus de diplômes et donc la légitimité à gagner plus d'argent. Dès la naissance, tels des enfants gâtés par une Société fallacieuse nous croyons avoir droit à ces études prestigieuses. Offrir le bac à 80% des élèves en est l'exemple le plus criant. C'est l'illustration de cet espoir en un progrès indéfini de générations en générations, que nous ferons mieux que nos parents et que nos enfants eux-mêmes seront meilleurs que nous. C'est cet irréalisme naïf et la confrontation aux mensonges de nos aînés qui poussent les étudiants à se révolter. Cependant, cette masse de bacheliers fraichement diplômés cache la portion infime et inquantifiable d'étudiants brillants avec leur mention "bien" ou "très bien". Depuis des années, la Société constate une baisse préoccupante du niveau de langue ou de la culture générale des nouveaux titulaires de bac +5.
En faisant en sorte qu'il y ait toujours plus de candidats pour des études supérieures, on ne peut que arriver à un constat d'échec. La France ne peut être un pays uniquement peuplé de psychologues, d'avocats ou d'enseignants-chercheurs... Combien sont-ils ceux qui n'y ont pas leur place et qui se retrouvent au chômage?
Aujourd'hui, ils crient leur haine dans les rues. Ils ne comprennent pas tout du Monde qui les entoure mais sont persuadés de la légitimité de leur combat. Dignes successeurs de Mai 68. Toi et moi, que sommes-nous au milieu de ces haineux crédules? Nous représentons le contrepied d'une génération face à un gauchisme ambiant suranné. Nous sonnons la fin du nihilisme et du nombrilisme. Il est idiot de croire que nous avons une place attribuée dès la naissance et que la Société nous y attend. Nous pensons que seul notre mérite nous conduira à la voie la plus prestigieuse. Il n'y a que notre travail et notre abnégation qui puisse nous le permettre. Ceux qui comprendront cela, auront tout compris. Ceux qui le mettront en œuvre, seront ceux qui feront réellement progresser notre Société. Nous ne sommes pas à la poursuite du bonheur, nous le vivons. Le 3 janvier, ça fait 7 mois et c'en est la preuve la plus tangible.
PS: je n'ai pas fais exprès de commencer cette article à 15h15.. Faut croire que c'est une coïncidence.. ou pas.



![Nos sourires [ louise attaque ]](http://8a.img.v4.skyrock.net/8a9/au-deja-vu/pics/2136366461_small_1.jpg)
